1er atelier : Les civictech à Genève : quoi, où, avec qui ?

Matthias Lecoq • 31 May 2019
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1. QUOI ?

Plusieurs idées ont émergé par un travail d'idéation en groupes.

On a parlé de gouvernance participative des quartiers, d'événements citoyens, de micro-projets d'aménagement d'espace public, de budget public personnel, de cartographie sensible, de reporting citoyen, d'inclusion interne et externe dans le cadre de projets de coopératives, de développement des infrastructures de transport ou encore de plateforme de sharedata.

De nombreuses idées de projets qui pourraient solliciter les civic-tech pour favoriser l'émergence d'innovation sur le territoire.

Par exemple, cela pourrait permettre de favoriser l'émergence d'une intelligence collective sur la question des systèmes de mobilité.

La prise en compte des micro-déplacements et les possibilités de mutualisation en temps réels, viendraient challenger les grands projets d'infrastructure qui sont sur des temporalités trop importantes.

Il pourrait donc y avoir un changement structurel en effectuant des réserves à allouer et à adapter en fonction de projets plus agiles et réactifs.

Les civic-tech peuvent aussi être une opportunité pour collaborer avec des publics moins impliqués aujourd'hui tels que les enfants.  Par le gaming, mais aussi d'autres types d'interfaces particulières, ils pourraient leur être confié un rôle plus important dans la planification et la réflexion sur notre territoire.

Si la complémentarité avec le présentiel a toujours été souligné, la transparence, la confiance et la capacitation des citoyens sont tout autant de critères essentiels au bon développement d'outils numériques en lien avec notre système Politique.

Le numérique peut ainsi potentialiser le non-numérique par une recherche sur le long terme qui viendrait favoriser une acculturation à des outils mais aussi à des projets démocratiques.

 

2. OÙ ?

Nous avions identifié les échelles suivantes:

  • Grand Genève
  • Canton de Genève
  • Commune
  • Quartier

Les participants ont inséré de nouvelles échelles:

- Le supranational

 - L'intercantonal

- Le village (en campagne c'est une vraie identité forte)

- La rue (élément avec une identité forte)

- L'immeuble ou l'îlot

- L'échelle virtuelle et non "physique" ou "géographique"

Tous les groupes sont unanimes: il n'y  pas d'outils civic tech en fonction de l'échelle. Un bon outil s'adaptera à l'échelle et à la question posée. C'est une fausse question, La question posée va définir l'échelle, ce n'est pas l'outil.

Un groupe a précisé que la nature des questions posées varierait en fonction de l'échelle: du plus concret au niveau de l'immeuble (couleur des volets: peu de gens impliqués) au plus abstrait à l'échelle supra (quel avenir pour Genève: une large population interrogée). Les questions ne se croisent ainsi pas toujours mais l'outil doit pouvoir s'adapter. D'autres pensent que les échelles sont interconnectées et que la somme des échelles d'un niveau inférieur devrait informer l'échelle supérieure.

Les échelles d'actions se juxtaposent-t-elles en silo (sans s'informer mutuellement) ou de manière fractale (chaque niveau ne correspond pas exactement mais il y a des interactions entre les niveaux) ?

 

3. AVEC QUI ?

En fonction des échelles, quand on parle Grand Genève, il faut veiller aux différences entre les 2 législations (CH et F). Il faut tenir compte de la culture, du langage… en fonction de l'échelle choisie ou identifiée tout en gardant un protocole commun. L'open source doit toujours être privilégié.

Il faudrait établir des projets pilotes avec une ou deux communes (en travaillant avec l'ACG) pour tester. A chaque échelle il convient d'identifier les acteurs-clés et représentatifs. Ce travail de cartographie doit toujours être fait avec finesse et professionnalisme.

Il y a un lien fort entre l'échelle et le public. Le budget va varier en fonction de l'échelle: moins cher à petite échelle, bien plus à large échelle. L'informatique permet toutefois des économies d'échelle (copie-colle).

L'outil civic tech est une formidable opportunité de créer des opportunités, des nouveaux liens entre territoires, public. et échelles.

Un groupe a proposé de créer un "cabinet de curiosités de la participation", soit un vrai lieu physique de type musée où on présenterait les projets de participation et les réalisations issues. Une sorte de pendant physique du wiki de 3DD.

 

4. QUI PORTE ?

Le travail collectif a porté sur l’analyse des porteurs de projet de civictech en essayant de structurer la discussion à l’aide d’une matrice à quatre pôles : porteur public ou porteur privé et objectif recherché, et objectif recherché par le biais de cet outil, obtention d’une contribution ou davantage une recherche ou preuve de transparence.

 

Très rapidement la discussion a permis de cartographier des types d’acteurs (communes, Etat, ONG, collectifs, coopératives, fondations, associations (de tous domaines), des habitants ou encore des communautés plus larges, open source ou scientifiques) répartis entre les différents pôles évoqués ci-dessus.

 

Chemin faisant dans la discussion plusieurs points intéressants sont ressortis.

  • Y-a-t-il toujours un porteur de projet ou plus précisément, celui-ci est-il toujours facilement identifiable et « qualifiable » ?
  • Qui peut porter un projet de civictech ? En effet, porter un tel projet, une telle ambition de l’implication « citoyenne » demande une certaine légitimité. Peut-être qu’un rôle de facilitation ou de capitalisation par le service concertation pilote de la feuille de route pourrait être une bonne piste.
  • La légitimité du porteur influence fortement la perception du projet de civictech.
  • Dans la continuité des réflexions sur la légitimité, le rôle de tiers garant de confiance : utilisation des données, open source et open data. Ce rôle de tiers de garant de confiance devrait se compléter d’une forte incitation sur les approches de projets (open source, open data, approche de commun etc.)
  • La question des données utilisées et générées est identifiée comme centrale.
  • Un rôle d’animateur de écosystème d’acteurs devrait être incarné.
  • Les approches de test and learn proposées dans la feuille de route ressortent comme une évidence dans la discussion.