Notes de voyage autour des civic-tech Jour 8 - 26 septembre 2019

Alain Renk • 1 octobre 2019
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Notes de voyage autour des civic-tech

Jour 8 -  26 septembre 2019

10 jours de voyage. L’occasion de lancer une conversation avec la publication d’un court texte chaque jour sur le hub de l’atelier Civic-Tech du 3DD de Genève. 

La peur du vide 

  1. Après Shanghai nous arrivons à Wuxi, Ville de 8 Millions d’habitants implantée auprès d’un lac d’une superficie de près de trois fois le lac Léman, mais avec une profondeur faible de 3 mètres en moyenne. Nous demandons si des sports nautiques sont pratiqués dans ce paysage impressionnant entouré de chaînes de petites montagnes. La réponse est que ce n’est pas dans la culture chinoise, pourtant le lendemain nous verrons qu’une régate a lieu de l’autre côtés lac. 
  2. Nous sommes à Wuxi pour participer à une rencontre qui est organisée par l’autorité de développent urbain et le consulat du Canada autour de la construction modulaire en bois. Plusieurs entreprises canadiennes exportatrices d’essences destinées à la construction sont présentes ainsi que des architectes chinois qui maîtrisent ces procédés constructifs. De nombreux documents de promotions sont édités en chinois et permettent de présenter différents projets qui vont de maisons particulières à des immeubles de 10 étages ou plus. 
  3. Si la ville de Wuxi à la volonté d’une exemplarité au niveau environnemental et semble avoir la volonté de promouvoir la construction en bois pour ses bâtiments, cela sera une réelle revolution par rapport à la prééminence du béton qui doit représenter pas loin de 100% du bâti. Pour l’instant seul un projet de bâtiment public avec 4 étage en bois sur un socle en béton est présenté. Mais nous savons que cela peut aller très vite en Chine si les différents équilibres légaux et financiers se mettent en place. 
  4. Notre équipe est invitée à présenter nos trois démarche. Le matin c’est Mu Wei qui présente des réalisations qui utilisent le bois dans différents cadres pour des constructions écologiques, créatives et collaboratives. Le spectre est encore limité à la petite échelle mais ne demande qu’à être développé sur les 3 axes de l’éducation, du tourisme écologique et des bâtiments publics. Bénéficiant d’une forte couverture sur le réseau sociaux, ces projets portent une part d’enthousiasme et de créativité qui peut être intéressante pour provoquer des changements de représentation et de comportement. Les responsables du développement urbain sont visiblement intéressés par ces projets qui utilisent l’agilité des constructions modulaires en bois et qui pourraient mobiliser les habitants. Nous irons visiter un terrain pour une future expérimentation.  
  5. En debut d’après midi nous avons droit à la projection de deux vidéos présentant en 3D animées le Wuxi du futur. Un ensemble assez incroyable de rues piétonnes avec des terrasses de restaurants, des espaces verts, des boulevards aussi et des bâtiments contemporains aux formes organiques et fragmentées où rien ne ressemble aux villes chinoises qui dupliquent des tours de logements identiques avec de temps en temps des blocs de centres commerciaux et un peu à l’écart les écoles et les usines (pour faire simple). Le plus étrange est cette impression d’un grand parc de commerces qui pourrait être, à une échelle plus modeste sur n’importe quel continent. La ville privatisée poussée à l’extrême de la démesure chinoise. 
  6. Le responsable de l’aménagement fait une pose. Puis il indique : nous n’avons comme vous le voyez aucun problème de design, nous travaillons avec les meilleurs au monde. Nous n’avons pas non plus de problème d’argent. Par contre il nous manque quelque chose de fondamental qui a fait que nous avons refusé les 5 hôtels 5 étoiles inspirés de Singapour, les millions de m2 de bureaux, etc. Nous cherchons le sens à donner à notre développement, ce qui va permettre de construire une programmation convaincante capable d’attirer ici des entreprises et des habitants alors que Shanghai est à 40 minutes en train. Quel sera notre différence ? Ce que présente ces films ne donne pas la réponse, nous n’y croyons pas nous meme. 
  7. Nous avons pour mission de clôturer la journée sur un constat franc qui n’est pas si fréquent dans les colloques de ce type. Je présente les connexions étroites entre open innovation et open urbanism. Comment cette démarche permet de mobiliser les compétences internes et externes pour construire le sens d’un développement urbain inclusif et durable. Au lieu de cherche à importer des recettes toutes faites, il s’agirait d’inventer avec les acteurs présents les pistes à venir du développement territorial sans se priver d’inspirations de l’extérieure, mais en étant capable de faire de l’ingénierie inverse pour les réinventer avec des assemblages uniques et de nouvelles briques issues du territoire. Le troisième membre de l’équipe Lionel Lourdin expose le potentiel des logiques open source et open hardware qui possèdent à Genève un socle particulièrement important. Pourquoi ne pas créer des ponts ? Nous proposons de relire le projet de dévelopement global de Wuxi à l’aune de l’urbanisme ouvert et d’utiliser le projet de Mu Wei pour mobiliser une grande diversité d’acteurs. La stratégie serait d’obtenir ainsi une preuve de concept susceptible de participer à la redéfinition d’un programme spécifique à Wuxi à partir de dynamiques ouverte. La proposition est en cours d’écriture.

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